Théodote d’Ancyre (?) et la sanctification de Marie (Lc 1, 35)

Théodote d’Ancyre (?) et la sanctification de Marie

Le texte suivant semble est un pseudépigraphe : un auteur inconnu du V° siècle aurait écrit sous le nom de Théodote d'Ancyre[1].

"Les chrétiens, parce qu'ils sont dociles à Dieu, écoutent les prédictions inspirées des prophètes qui proclament ainsi partout au regard de la très célèbre : "Le Très haut a sanctifié son domicile: Dieu est au milieu d'elle, elle ne sera pas ébranlée" (Ps 45,5-6); et: "Un homme fut engendré en elle, et le Très Haut en a mis les fondations" (Ps 86,5).

Mais les adversaires de la vérité qui sont charnels, entendirent de manière charnelle les choses spirituelles: "L'homme animal en effet n'accueille pas les choses de l'Esprit de Dieu" (1 Cor 2,14). Et ils ne se laissèrent pas éclairer par les témoignages des prophètes, et ne voulurent pas comprendre par nos témoignages la transformation de la Vierge dans la sainteté.

Or les choses les plus tangibles nous aident à comprendre l'aspect mystérieux. Si en effet le fer, en s'unissant au feu, expulse immédiatement les déchets étrangers à sa nature et parvient à sa pureté naturelle ; et même il acquiert rapidement la ressemblance avec la flamme énergique qui le chauffe au rouge et il devient intègre et capable d'incendier n'importe quelle matière: combien plus et de manière supérieure la Vierge brûle à l'irruption du Feu divin: et elle fut purifiée des choses terrestres éventuellement survenues contre nature, et elle fut constituée dans sa beauté naturelle, jusqu'à être ensuite inaccessible, intangible et insoutenable aux choses charnelles.

C'est de cette manière que quelqu'un, en recevant sur la tête un jet d'eau, est trempé entièrement, de la tête aux pieds, de la même façon nous croyons aussi que la divine Vierge Mère fut entièrement ointe de la sainteté de l'Esprit Saint qui est descendu sur elle; et elle accueillit le Dieu vivant, le Verbe dans sa chambre nuptiale virginale et parfumée. » [2]

Ce texte magnifique, défend la dignité de la conception virginale contre les dénigreurs de l'incarnation, Juifs et Manichéens surtout, et il distingue nettement :

La purification préalable de Marie par l'opération de l'Esprit Saint comparé au feu, afin de la rendre pure de toute tache éventuelle, jusqu'à parvenir à un état de pureté et de beauté naturelle ;

La sanctification ou onction de sainteté, - toujours par l'Esprit Saint - de tout son être;

Et finalement, ainsi purifiée et sanctifiée, l'accueil dans son sein virginal et parfumé du Verbe de Dieu.


[1] Ancyre est une cité de l'Antiquité qui correspond de nos jours à l'actuelle Ankara, capitale de la Turquie. Théologien byzantin, écrivain et évêque d'Ancyre (aujourd'hui Ankara), Théodote fut l'un des principaux défenseurs de l'orthodoxie en matière christologique au concile d'Éphèse (431) au cours duquel il s'opposa très fermement à l'enseignement de Nestorius, le patriarche de Constantinople, qu'il avait auparavant soutenu. On conserve de lui deux sermons de Noël et un autre sur « la fête des lumières » (en l'honneur de la Vierge Marie), qui constituent des témoignages significatifs de l'existence, au Ve siècle, de ces célébrations.

[2] THEODORUS ANCYRANUS (?), Hom. IV, in Sanctam Deiparam et in Symeonem, 6. PG 77, 1397. ; Cod. Paris. Grec. 1171, sec X, fol. 240-245.


A.Gila