Histoire de la fête de l’Immaculée Conception (A.-C.Emmerich)


Dans l’ouvrage La vie de la Vierge Marie, qui rapporte les visions de la bienheureuse A.-C.Emmerich, au chapitre XX, intitulé ‘Sur l'histoire de la fête de la Conception de Marie’, des précisions sont données sur l’origine de la fête de la Conception de Marie.

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« Je ne saurais pas bien expliquer la façon merveilleuse dont j'ai voyagé cette nuit en songe. J'étais dans les contrées du monde les plus différentes, aux époques les plus diverses, et je vis souvent célébrer la tête de la Conception de Marie. Je me trouvai près d'Ephèse, et je vis célébrer cette fête dans la maison de la Mère de Dieu, qui servait encore d'église. Ce devait être à une époque très reculée, car je vis le chemin de la Croix érigé par Marie elle-même parfaitement conservé ; le second fut érigé à Jérusalem, le troisième à Rome.

Les Grecs célébraient cette fête longtemps avant leur séparation de l'Église. Je me souviens encore un peu- quoique non bien distinctement- de ce qui y donna lieu. Je vis notamment un saint, saint Sabas, à ce que je crois, qui eut une apparition relative à l’Immaculée Conception. Il vit l'image de la sainte Vierge, debout sur le globe terrestre, écrasant la tête du serpent, et il connut que la sainte vierge seule avait été conçue sans blessure et sans souillure de la part du serpent.

Le 5 juillet 1835, l'écrivain apprit par les notes de Baronius sur le martyrologue romain (8 décembre) qu'il y a dans la bibliothèque Sforza un manuscrit, n° 65, où se trouve un discours tenu à Constantinople par l'empereur Léon (monté sur le trône en 880), et duquel il résulte que la fête de la Conception est de beaucoup antérieure à son époque. Suivant Canisius (de Beatissima virgine Maria, lib I, c. 7.) et Galatinus (de Arcanis catholicoe veritatis, llb. VII, c. 5), cette fête est mentionnée dans le Martyrologe de saint Jean Damascène. Le saint abbé Sabas, dont parle la sœur Emmerich, est connu comme ayant été très dévot à Marie. Il mourut en 590.

Je vis aussi qu'une église des Grecs, ou qu'un évêque de leur nation ne voulut pas admettre cela ; cette image vint alors vers eux sur la mer. Je vis cette apparition planer sur les flots, se diriger vers leur église et se montrer au-dessus de l'autel ; après quoi ils commencèrent à célébrer cette fête. On possédait dans cette église un portrait de la sainte Vierge fait par saint Luc. Elle était représentée vêtue de blanc, avec un voile de la même couleur, et ressemblait beaucoup à ce qu'elle avait été de son vivant. Je crois vaguement qu'il venait de Rome, où l'on n'a d'elle qu'un portrait en buste. Ce portrait avait été placé sur un autel à la place où avait apparu l'image de l'Immaculée Conception. Je crois qu'il est encore à Constantinople, où je l'ai vu honorer à une époque ancienne.

Je me suis trouvée en Angleterre, et j'y ai vu introduire et célébrer cette fête à une époque très ancienne. Avant-hier, jour de Saint Nicolas, j'ai vu à ce sujet le miracle suivant : je vis un abbé d'Angleterre sur un navire pendant une tempête qui menaçait de l'engloutir. On y invoquait avec instance le secours de la mère de Dieu Je vis alors apparaître saint Nicolas de Myre, qui planait sur la mer près du navire ; il dit à l'abbé que Marie l'envoyait pour lui annoncer qu'il devait célébrer le 8 décembre la fête de la Conception, et que le navire arriverait au port. L'abbé lui ayant demandé quelles prières il fallait dire, il lui fut répondu qu'il fallait se servir de celles de la fête de la Nativité de la sainte Vierge. Lors de l'introduction de la fête, le nom d'Anselme fut aussi prononcé ; mais j'ai oublié les détails. Je vis aussi l'introduction de cette fête en France, et comment saint Bernard s'y montra opposé, parce que la chose ne venait pas de Rome[1].

Ici s'arrêtent les éclaircissements ajoutés par la sœur Emmerich à son récit de la Conception de Marie. Nous allons reprendre maintenant l'histoire de sa sainte Vie.

La fête fut introduite en 1175 par le chapitre de Lyon, auquel Saint Bernard écrivit pour s'y opposer.

 

Source :

-A.-C.Emmerich. Vie de la Vierge Marie, chap. XX.

 


[1] Il est remarquable qu'elle ne nomme pas saint Anselme comme étant l'abbé qui vit l'apparition, quoique Pierre de Natalibus, in Catalog Sanci, lib. I, c. 42, raconte de lui la même chose, ainsi que l'écrivain l'a lu eu juillet 1835. Ce que dit la sœur paraît confirmer l'allégation de Baronius dans ses notes sur le martyrologe romain, où il dit que cet avertissement fut donné dans des circonstances comme celles qui ont été décrites, non pas à saint Anselme, mais antérieurement : à l'abbé bénédictin Elfin ou Elpin, dans l'année 1070. J. Carlhagena, dans ses homélies de Arcanis Deipare, t. I, hom. 19, affirme la même chose d'après une lettre de saint Anselme aux évêques d'Angleterre. Ce saint archevêque de Cantorbéry fut le premier qui introduisit cette fête en Angleterre.

 

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Pour en savoir plus

- sur la bienheureuse A.-C. Emmerich, dans l’Encyclopédie mariale

-sur l’Immaculée Conception, dans l’Encyclopédie mariale

-sur la rencontre de st Joachim et Anne à la porte dorée (art), dans l’Encyclopédie mariale

 

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