Les paroles de la consécration eucharistique (S. Ambroise, †397)


 

Saint Ambroise de Milan, Docteur de l'Église (339-397), l’une des plus grandes figures de l'Église ancienne, dans son ouvrage sur les sacrements, commente la consécration, puissance créatrice de Dieu et nouvelle création.

 

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« Comment ce qui est du pain peut-il être le corps du Christ ?

Par quels mots se fait donc la consécration et de qui sont ces paroles ?

Du Seigneur Jésus.

En effet tout le reste qu'on dit avant est dit par le prêtre : on loue Dieu, on lui adresse la prière, on prie pour le peuple, pour les rois, pour les autres.

Dès qu'on en vient à produire le véritable sacrement, le prêtre ne se sert plus de ses propres paroles, mais il se sert des paroles du Christ.

C'est donc la parole du Christ qui produit ce sacrement. [...]

Quelle est cette parole du Christ ? Et bien c'est celle par laquelle tout a été fait. Le Seigneur a ordonné, le ciel a été fait. Le Seigneur a ordonné, la terre a été faite. [...]

Avant la consécration, ce n'était pas le corps du Christ. Il a dit et ce fut fait, il a ordonné et ce fut créé.

Tu existais toi-même, mais tu étais une vieille créature ; après que tu as été consacré, tu as commencé à être une nouvelle créature. »

Commentaire :

Saint Ambroise insiste sur la puissance créatrice de Dieu, et sur la nouvelle création. Il fait un lien direct entre la consécration eucharistique et les paroles du Christ.

La mise en valeur des paroles du Christ n'est cependant pas l'unique manière de comprendre l'Eucharistie.

Ni les formules eucharistiques de la Didachè (fin 1° siècle) ni l'anaphore d'Addaï et Mari (III° siècle, Assyrie) ne comportent le récit de l'institution avec les paroles du Christ.

Le 26 octobre 2001, le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens a publié les orientations pour l'admission à l'Eucharistie entre l'Église chaldéenne et l'Église assyrienne d'Orient. L'accord prévoit que les fidèles de l'Église chaldéenne, qui sont des catholiques, pourront, en cas de nécessité, participer à l'Eucharistie assyrienne et y communier. Ce texte, d'apparence banale, met fin à la définition des paroles de Jésus comme paroles de la consécration. L'introduction en Occident de l'épiclèse, c'est-à-dire l'invocation de l'Esprit Saint, explique ce rapprochement.

Sources :

-Saint Ambroise, Des sacrements IV, 14-16.

-Cahiers Évangile n°140, juin 2007.

 

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Pour en savoir plus

 

-sur st Ambroise de Milan (†397), dans l’Encyclopédie mariale

- sur la Cène et l'institution de l'Eucharistie, dans l’Encyclopédie mariale

 

Françoise Breynaert et l’équipe de MDN.