Expériences mariales à l’heure de la mort (Eglise occidentale)

Expériences mariales à l’heure de la mort

L'Ave Maria s'achève par ces mots :

« Marie, mère de Dieu,

priez pour nous maintenant et à l'heure de notre mort, amen. »

La mort est un passage, une naissance à la vie de l'au-delà.

Au long des siècles, la tradition chrétienne a fait une expérience continuelle du secours de la Vierge Marie à l'heure de la mort.

Parmi ces expériences, certaines ont l'allure d'une révélation privée, sans qu'un verdict officiel ne les ait qualifiées. Par exemple :

En 1581, la Vierge se serait manifestée au dominicain Heinrich Calstro pour le protéger de tentations et le préparer à la mort.[1]

En 1587, la « Vierge apparaît » à un jeune artiste agonisant, étudiant du collège des Jésuites, à Cologne (Allemagne)[2].

Le 20 août 1649, la « Vierge apparaît » à Louise Le Cornec, dix-huit ans, pendant qu'elle récite le chapelet sous un arbre, à Plounevez-Quintin (France, Côtes-d'Armor). Elle entend[3] :

« Dites-moi, ma fille, dans quelle intention priez-vous ainsi ?

-e récite tous les jours le rosaire pour obtenir une bonne mort, répond-elle.

- C'est très bien cela, mais ne me connaissez-vous pas ?

- Non, vraiment, je n'ai point cet honneur.

-Je suis la Mère de Dieu que vous saluez tous les jours. Ce que vous demandez, vous l'obtiendrez, et aujourd'hui même vous serez avec moi en paradis. » Louise meurt dans les heures suivantes, après avoir reçu les derniers sacrements.

En juillet 1971, Anne-Marie Le Goff, 38 ans, agonise d'une septicémie foudroyante. Elle raconte une expérience « d'aller-retour » dans l'au-delà[4].

Cela commence par une véritable descente aux enfers :

« Je me suis retrouvée coincée dans un trou immonde, entre deux parois minérales. Il faisait très froid, un froid glacial. Une impression d'abandon m'envahissait. Je me sentais si seule, loin du monde et surtout loin de Dieu : une sensation de néant absolu. Je souffrais physiquement et moralement. J'avais atteint le fond du fond ! »

Puis par une expérience du salut :

"Soudain, en contre bas, j'ai eu une vision : celle du Christ crucifié. Trois personnes se tenaient autour de la croix : une femme, une adolescente et un homme. J'ai entendu :« Anne-Marie, voici ta Mère; Mère, voici ta fille !» Je ne comprenais plus rien. J'étais abasourdie. » Anne-Marie identifie la femme à la Vierge, et l'homme à saint Jean. Elle poursuit :« En un éclair de seconde, je me suis mise à remonter vers la sortie de cette horrible grotte. J'ai débouché dans la lumière. Une chaleur inconnue m'envahissait. Surtout, l'angoisse disparaissait. Ce qui m'entourait devenait lumineux, transparent. (...) Soudain, une silhouette féminine est apparue sur le seuil de cette porte.« - Qui es-tu ? » lui demandai-je. « Je suis celle à qui tu as été donnée ! Je suis Marie compatissante et médiatrice. N'aie pas peur ! » Marie, priez pour moi, pour mon mari, mes enfants. Que vont-ils devenir ? Ne sois pas effrayée ! Entre, regarde; tu transmettras ce que tu auras vu. » La porte de lumière s'est ouverte devant moi. J'ai alors vu une immensité de lumière, de musique, de chants...

Ensuite Anne-Marie sort guérie de l'hôpital, son heure n'était pas venue.


[1] Patrick Sbalchiero, « LOUVAIN II », dans : René Laurentin et Patrick Sbalchiero, Dictionnaire encyclopédique des apparitions de la Vierge. Inventaire des origines à nos jours. Méthodologie, prosopopée, approche interdisciplinaire, Fayard, Paris 2007.

[2] Hierzenberger, Erscheinungen und Botschaften der Gottesmutter Maria, Augsburg, Pattloch Verlag 1993,p. 139

[3] Patrick Sbalchiero, « PLOUNEVEZ-QUINTIN », dans : René Laurentin et Patrick Sbalchiero, Ibid.

[4] Extrait de : Patrick Sbalchiero, « TREGUIER », dans : René Laurentin et Patrick Sbalchiero, Ibid.

Synthèse F. Breynaert