St Venance Fortunat, Vexilla Regis, l'hymne de la Passion

St Venance Fortunat, Vexilla Regis, l'hymne de la Passion

Peu de temps avant de devenir évêque de Poitiers vers l'an 600, saint Venance Fortunat aida Radegonde dans la fondation d'un monastère qui reçut une relique de la Croix. C'est probablement à cette occasion qu'il composa Vexilla Regis, l'hymne de la Passion :

Voici que les étendards de notre Roi s’avancent ;

Sur nous la croix resplendit dans son mystère,

Où, dans sa chair, le Créateur du monde

Fut pendu comme un brigand au gibet des esclaves.

Les mains percées de clous, les pieds et les entrailles,

C’est là qu’il vient s’immoler pour tous les hommes ;

Blessé aussi par le pointe d’une lance,

Il répand l’eau et le sang pour laver nos offenses.

Alors les chants de David pour lui se révélèrent ;

Alors les psaumes vraiment s’accomplirent,

Quand le prophète annonçait à tous les peuples :

'Il a régné par le bois, le Sauveur notre Maître.'

Bel arbre resplendissant, éclatant de lumière,

Tu es paré de la pourpre royale ;

Tu fus élu comme l’arbre le plus digne

De porter ce corps très saint, de toucher à ses membres.

Heureuse croix où pèse la rançon du monde,

Par qui l’enfer a tremblé en son empire ;

Heureuse es-tu de porter ce fruit de vie,

Et les peuples rassemblés applaudissent ton triomphe.

Salut, Croix, salut, notre unique espérance !

Salut, autel qui portas l’Agneau sans tache.

De par la grâce de sa Passion très

La vie a enduré la mort et la mort rendu la Vie.