Mère de la Miséricorde (Veritatis splendor, Jean Paul II)

Marie, la Splendeur de la Vérité, et la Divine miséricorde (Jean Paul II)

Dans sa lettre encyclique « La Splendeur de la Vérité » (Veritatis Splendor 1993), Jean Paul II commence par rappeler que le Christ révèle l'homme à l'homme.

Puis il explique que la vie morale repose sur la liberté et la raison humaines mais que c'est une erreur de croire que la morale humaine serait totalement autonome, sans référence au Créateur.

L'homme n'est pas à la merci des idéologies, dans un vide de sens moral. La conscience est un sanctuaire où Dieu parle à la raison humaine et lui donne la capacité de juger ce qui est bien.

On ne peut pas laisser penser qu'un homme resterait bon par un choix fondamental alors qu'il commet des actes mauvais, en des matières graves et délibérément, car le corps (donc les actes) est animé par son esprit immortel et c'est l'âme qui donne la forme au corps (et aux actes).

On ne pas non plus juger de la moralité uniquement en considérant les conséquences de l'acte.

L'acte a une valeur intrinsèque.

On ne doit pas abroger la doctrine du péché mortel (qui porte sur une matière grave, avec pleine conscience et liberté).

Le martyr signifie qu'il y a un bien absolu pour lequel il vaut la peine de mourir et un mal éternel qui ne devient jamais un bien.

La vie morale est libératrice car elle correspond à la nature humaine telle qu'elle a été créée. C'est pour que nous restions libres que le Christ nous a libéré (Ga 5, 1).

A la fin de l'encyclique, comme un sommet qui éclaire tout l'enseignement offert, Jean Paul II parle de Marie mère de miséricorde :

Marie est Mère de Miséricorde parce que Jésus Christ, son Fils, est envoyé par le Père pour être la révélation de la Miséricorde de Dieu (Jn 3,16-18). Il est venu non pour condamner, mais pour pardonner, pour faire usage de la miséricorde (Mt 9,13). Et la plus grande miséricorde, c'est, pour lui, d'être au milieu de nous et de nous adresser son appel à venir à Lui et à Le reconnaître [...]

Cette miséricorde atteint sa plénitude par le don de l'Esprit, qui engendre la vie nouvelle et l'appelle. Si nombreux et si grands que soient les obstacles semés par la faiblesse et le péché de l'homme, l'Esprit, qui renouvelle la face de la terre Ps 104,30, rend possible le miracle du parfait accomplissement du bien. »

(

Jean Paul II, Veritatis Splendor 118)

Parfois, dans les discussions sur les problèmes nouveaux et complexes en matière morale, il peut sembler que la morale chrétienne soit en elle-même trop difficile, trop ardue à comprendre et presque impossible à mettre en pratique. C'est faux, car, pour l'exprimer avec la simplicité du langage évangélique, elle consiste à suivre le Christ, à s'abandonner à Lui, à se laisser transformer et renouveler par sa grâce et par sa miséricorde qui nous rejoignent dans la vie de communion de son Eglise.

(re" title="Disciple puis apôtre du Seigneur Jésus, il est témoin de sa transfigurat..." class="definition_texte">Jean Paul II, Veritatis Splendor 119)

Marie est Mère de Miséricorde également parce que c'est à elle que Jésus confie son

lass="link_glossaire" target="_blank" href="/index.php?id=138954&tx_ifglossaire_list%5Bglossaire%5D=179&tx_ifglossaire_list%5Baction%5D=details&tx_ifglossaire_list%5Bcontroller%5D=Glossaire" title="- L’Eglise-Sacrement du Christ : « "Le saint Concile souh..." class="definition_texte">Eglise et l'humanité entière. Au pied de la Croix, lorsqu'elle accueille Jean comme son fils, lorsqu'elle demande, avec le Christ, le pardon du Père pour ceux qui ne savent pas ce qu'ils font Lc 23,34, Marie, en parfaite docilité à l'Esprit, fait l'expérience de la richesse et de l'universalité de l'amour de Dieu, qui dilate son coeur et la rend capable d'embrasser le genre humain tout entier. Elle devient ainsi la Mère de tous et de chacun d'entre nous, Mère qui nous obtient la Miséricorde divine.

Marie est un signe lumineux et un exemple attirant de vie morale [...] et elle mérite le titre de "Trône de la Sagesse" .

Marie partage notre condition humaine, mais dans une transparence totale à la grâce de Dieu. N'ayant pas connu le péché, elle est en mesure de compatir à toute faiblesse. Elle comprend l'homme pécheur et elle l'aime d'un amour maternel.

Voilà pourquoi elle est du côté de la vérité et partage le fardeau de l'Eglise dans son rappel des exigences morales à tous et en tout temps. Pour la même raison, elle n'accepte pas que l'homme pécheur soit trompé par quiconque prétendrait l'aimer en justifiant son péché, car elle sait qu'ainsi le sacrifice du Christ, son Fils, serait rendu inutile.

Aucun acquittement, fût-il prononcé par des doctrines philosophiques ou théologiques complaisantes*, ne peut rendre l'homme véritablement heureux : seules la Croix et la gloire du Christ ressuscité peuvent pacifier sa conscience et sauver sa vie.

Ô Marie, Mère de Miséricorde, veille sur tous,

afin que la Croix du Christ ne soit pas rendue vaine,

que l'homme ne s'égare pas hors du sentier du bien,

qu'il ne perde pas la conscience du péché,

qu'il grandisse dans l'espérance en Dieu, "riche en miséricorde" (Ep 2,4),

qu'il accomplisse librement les oeuvres bonnes préparées d'avance par Dieu (Ep 2,10)

et qu'il soit ainsi, par toute sa vie, " à la louange de sa gloire " (Ep 1,12)

(tion%5D=details&tx_ifglossaire_list%5Bcontroller%5D=Glossaire" title="Disciple puis apôtre du Seigneur Jésus, il est témoin de sa transfigurat..." class="definition_texte">Jean Paul II, Encyclique Veritatis Splendor 120)


Synthèse F. Breynaert