Le Rosaire et le chapelet


Parmi les grandes prières dites mariales figurent le Rosaire et le chapelet. Entrer dans cette prière dite ‘des simples’ permet de vérifier, de manière tangible, son extraordinaire efficacité, et nombreux sont les papes qui ont encouragé cette dévotion. Les apparitions mariales n’ont pas cessé de nous recommander cette prière, qui a traversé les siècles et connaît actuellement un heureux renouveau. Le Rosaire est un chemin de contemplation et de sainteté.

***

Le Rosaire et le chapelet

Le nom de Rosaire provient du latin médiéval rosarium, qui désigne la guirlande de roses dont on couronnait la Vierge Marie. Les prières forment également une couronne symbolique de roses, qui lui sont offertes. En outre, la rose est un symbole marial, et la Vierge est souvent appelée Rose mystique

'Rosa mystica' avec, au cœur de la rose, une Vierge allaitante. Manuscrit anglais du Rosaire, XVès. Domaine public, via Wikimedia Commons.

Le chapelet a la même origine: il désigne le petit chapel (chapeau) de roses dont on couronnait la statue de la Vierge. Une prière étant dite à partir de chaque rose, le nom de rosaire fut créé. La différence entre le chapelet et le rosaire est quantitative : il faut actuellement quatre chapelets pour dire un rosaire complet.

Structure actuelle du Rosaire et du chapelet

Le Rosaire, dans sa forme actuelle, est composé de 20 mystères, groupés en quatre cycles, qui permettent de revisiter la vie de Jésus : on le nomme un « évangile en abrégé[1] ».

Le chapelet est la forme concise du Rosaire, qui consiste à prier un seul cycle de 5 mystères, et ceux qui prient le chapelet quotidiennement récitent le lundi et le samedi, les mystères joyeux ; le mardi et le vendredi, les mystères douloureux, et le mercredi et le dimanche, les mystères glorieux, le jeudi étant désormais consacré aux mystères lumineux.

Une dévotion ancrée dans la tradition

La forme naissante du chapelet et les Cisterciens

C’est au XIIès, au moment du grand essor de la dévotion mariale, avec l’influence de saint Bernard de Clairvaux, qu’apparut le mot de « chapelet », qui désignait la couronne de fleurs ou « chapel » (petit chapeau) que l’on plaçait sur la tête de la statue de la Vierge Marie. Aux « Notre- Père » furent bientôt ajoutés les mots prononcés par l’Archange Gabriel lors de l’Annonciation : cette prière prit le nom de « Psautier de Notre-Dame ». Les paroles de la salutation d’Élisabeth furent ajoutées plus tard.

L’influence des Chartreux et des Dominicains

La dévotion du Rosaire, déjà en usage chez les Cisterciens dès le XIIès, s’est développée sous l’influence des Chartreux et des Dominicains, jusqu’au XVès.[2] Le double principe du Rosaire unissant la Vierge Marie et le Christ fut ainsi approfondi.

Les papes et le Rosaire

Nombreux sont les papes, depuis Urbain IV au XIIIès, jusqu’au pape François, qui ont recommandé le Rosaire. Au gré des événements politiques, économiques et ecclésiaux, ils n’ont pas cessé d’encourager cette prière, pour les fruits qu’il peut porter tant au niveau individuel qu’au niveau collectif. Certains papes ont cependant plus œuvré pour le Rosaire, tels Léon XIII, surnommé « le pape du Rosaire »[4], et saint Jean-Paul II, qui lui a consacré une lettre apostolique[5].

Les saints et le Rosaire

De nombreux saints ont recommandé cette dévotion comme chemin de sainteté: sainte Thérèse d’Avila[6], saint Louis-Marie Grignion de Montfort, qui lui a consacré un opuscule[7], la Bienheureuse Pauline Jaricot, fondatrice de l'œuvre catholique de la Propagation de la foi et du Rosaire Vivant,[8] saint Padre Pio[9], sainte Térésa de Calcutta[10], etc.

Les apparitions mariales et le Rosaire

Les apparitions mariales n’ont cessé de confirmer l’importance du Rosaire: rue du Bac en 1830, la Vierge demande de réciter le chapelet ; à La Salette, en 1846, ainsi qu’à Pellevoisin, la Vierge Marie se pare des 3 couronnes de roses : joyeuses, douloureuses et glorieuses du Rosaire; à Pontmain, en 1871, pendant la récitation du chapelet, Marie grandit et les étoiles se multiplient ; à Beauraing et à Banneux, en 1933, la Vierge Marie apparaît avec un chapelet ; à Lourdes, en 1858, la Vierge Marie apparaît dans une grotte où pousse un églantier (rose sauvage), elle porte un chapelet et, sur chacun de ses pieds, s’épanouit une rose ; à l’Ile Bouchard, en 1947, la Vierge Marie présente aux petites voyantes le chapelet et leur enseigne à le prier ; à Fátima, elle renouvelle sa demande et explique que la récitation du Rosaire est d’une absolue nécessité pour le salut du monde…

Le « nouveau printemps » du Rosaire

Le Rosaire n’est pas, comme l’a dit le pape Benoît XVI[11]

« Une pratique reléguée au passé, comme une prière d'un autre temps à laquelle on pense avec nostalgie. Le Rosaire connaît un nouveau printemps. C'est sans aucun doute un des signes les plus éloquents de l'amour que les jeunes générations nourrissent pour Jésus et pour Marie sa mère. Dans le monde actuel qui est si fragmenté, cette prière nous aide à placer le Christ au centre, comme le faisait la Vierge, qui méditait intérieurement tout ce qui se disait sur son Fils, et ensuite ce qu'Il faisait et disait Lui-même. Quand on récite le chapelet, on revit les moments importants et significatifs de l'histoire du salut ; on parcourt de nouveau les différentes étapes de la mission du Christ. Avec Marie, on tourne son cœur vers le mystère de Jésus. On place Jésus au cœur de notre vie, de notre temps, de nos villes, à travers la contemplation et la méditation de ses saints mystères de joie, de lumière, de douleur et de gloire. Que Marie nous aide à accueillir en nous la grâce qui émane de ces mystères, afin qu'à travers nous elle puisse irriguer la société, à partir de nos relations au quotidien, et la purifier de si nombreuses forces négatives en l'ouvrant à la nouveauté de Dieu. Le Rosaire, quand il est prié de manière authentique, non d'une manière mécanique et superficielle, mais profonde, apporte en effet la paix et la réconciliation. Il contient en lui-même la puissance qui guérit : celle du très saint Nom de Jésus, invoqué avec foi et amour au centre de chaque Ave Maria. »


***

Pour en savoir plus

-sur la façon de prier le Rosaire et le chapelet, dans l’Encyclopédie mariale 

-sur la structure du Rosaire et du chapelet, dans l’Encyclopédie mariale 

-sur l’histoire du Rosaire, dans l’Encyclopédie mariale

-sur les papes et le Rosaire, dans l’Encyclopédie mariale

-sur les saints et le Rosaire, dans l’Encyclopédie mariale

Sur la spiritualité du Rosaire, dans l’Encyclopédie mariale 

L’équipe de MDN.