Paraphrase de l’Ave maris Stella (P. Combalot)


Parmi les œuvres du Père Théodore Combalot (1797-1873), prêtre et missionnaire, disciple de Lamenais, figurent les Cantiques nouveaux à l'honneur de la Très-sainte Vierge. Ces cantiques sont des paraphrases des hymnes mariales, dont l’Ave maris Stella.

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Sur cette mer, ô ma fidèle étoile !

Où mon esprit va sombrer loin du port,

Guidez ma rame et protégez ma voile ;

Sauvez mes jours d’une cruelle mort.

 

De mes péchés la vague mugissante

Jusques au ciel monte pour m’engloutir,

Mère de Dieu, toujours compatissante,

À mon secours hâtez-vous d’accourir.

 

Plaidez ma cause, ô Vierge immaculée !

Protégez-moi, parlez en ma faveur ;

À vos autels, mon âme désolée

Cherche un abri dans sa juste terreur.

 

Calmez les flots dont la fureur m’emporte,

Commandez-leur de me conduire un jour

Vers ce beau ciel dont vous êtes la porte

Toujours ouverte à des cœurs pleins d’amour.

 

Souvenez-vous, ô divine Marie !

De ce beau jour où l’ange Gabriel

Vous apporta la parole de vie

Cachée au fond d’un salut personnel.

 

Changeant le nom de la malheureuse Ève,

Vous opposez à ses maux vos bienfaits,

Et quand vers vous notre douleur s’élève,

Vous la calmez par un fleuve de paix.

 

Brisez les fers dont, par un crime antique,

Les fils d’Adam demeurèrent chargés ;

Faites tarir la haine satanique

Qui dans le mal les avait submergés.

 

Sur cette terre où règne une nuit sombre,

Faites descendre un rayon de vos yeux ;

Et du péché détruisez la grande ombre

Qui nous ravit la lumière des cieux.

 

De votre main fermez la coupe immense

Dont les fléaux sont sur nous entassés ;

À nos besoins mesurez l’abondance

Des biens qu’au ciel vous avez amassez.

 

Apprenez-nous que la plus tendre mère

N’a point d’amour qui se puisse égaler

Au feu sacré du chaste Sanctuaire

Où notre Dieu daigna se renfermer.

 

Priez pour nous, douce et tendre Marie,

Ce divin Fils que vos flancs ont porté !

Le cri d’amour d’une Mère chérie

Pa un tel Fils est toujours écouté.

 

Versez sur nous, ô Vierge incomparable !

Les doux parfums qui charmaient le Sauveur ;

Brisez le joug dont le poids nous accable

Et nous serons doux et chastes de cœur.

 

Accordez-nous des mœurs pures et saintes,

Guidez nos pas pour aller à Jésus,

Et nous pourrons aux célestes enceintes

Nous enivrer avec tous les élus.

 

Père Théodore Combalot (1797-1873). Cantiques nouveaux à l'honneur de la Très-sainte Vierge.

L'équipe de MDN.