Ollioules (83, Var) : Notre-Dame de Bonheur


L’église paroissiale Saint-Laurent d’Ollioules (dans le Var) vénère une statue de la Vierge à l’Enfant,  datant du  XVIIès (de l'école de Pierre Puget) , qui fut  intronisée en 1938 sous le vocable de Notre-Dame de Bonheur.  Le vicaire général du diocèse de Fréjus-Toulon, en la fête de N.D. de Bonheur, à Ollioules, le 22 Août 1990, a présenté l’histoire de  ce sanctuaire.

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1938 : Le vocable de Notre-Dame de Bonheur (Notre-Dame des prêtres)

Il y a 52 ans, 1938-1990, j’ai été témoin des débuts du culte public rendu à Notre-Dame de Bonheur en l’église d’Ollioules, près Toulon, dans le Var. Je tiens à verser mon témoignage pour l’histoire de ce sanctuaire.

J’étais alors séminariste à la Castille. Le 31 Mars 1938, nous fêtions le jubilé d’or sacerdotal de notre Évêque, Mgr Simeone. C’est après le repas, que le curé doyen d’Ollioules, l’Abbé Auguste Rauzi,  qui venait d’être nommé Chanoine, , prit la parole au moment du toast pour nous présenter Notre-Dame de Bonheur. C’était la première fois que nous entendions ce nom.

"Notre Dame de Bonheur, c’est Notre-Dame des prêtres. En ce jubilé sacerdotal, nous jubilons d’être prêtres. Vous séminaristes, vous connaîtrez le bonheur d’être prêtres. C’est Notre Dame de Bonheur qui vous conservera dans la joie."

Un vocable très rapidement officialisé

Ce qui est frappant, en rapprochant les dates, c’est la rapidité avec laquelle le culte de Notre-Dame de Bonheur, fut officialisé ; en 12 jours de préparation :

  • 19 Mars 1938, visite de Mme Joly à Ollioules ;
  • 25 Mars : invocation à N.D. de Bonheur approuvée par l’évêque ;
  • 31 Mars : Mgr Simeone annonce une prochaine reconnaissance du culte public;
  • 23 Avril : proclamation du vocable lors d’une messe solennelle à Ollioules avec homélie du Chanoine Llosa, Archiprêtre de Toulon qui allait être nommé, trois mois après, Evêque d’Ajaccio.

Ainsi, en 35 jours seulement, le culte public de N.D. de Bonheur venait d'être rendu public dans notre diocèse[1].

Le livre d’Edmond Joly

Il fallut pour obtenir ce résultat des hommes et des circonstances.

Il y eut d'abord Edmond Joly, écrivain belge, (1861 – 1932) qui écrivit un ouvrage intitulé : "N.D. de Bonheur", destiné dans sa pensée à rester anonyme, mais qui fut publié, à titre posthume, en 1938. Cet ouvrage rencontra l’attention du public. Le Cardinal Mercier apprécia la valeur théologique et poétique de l’ouvrage et le Cardinal Baudrillart écrivit en liminaire du livre :

"Le livre d’Edmond Joly, « Notre-Dame de Bonheur », se lève comme une étoile à suivre ; il nous enseigne à aimer Marie, comme il convient, à incorporer son culte comme une eau mêlée à une autre eau."

19 mars 1938, la visite mémorable de Madame Joly

Le 19 Mars 1938, Madame Edmond Joly, conduite par le curé Rauzy, visita l’église d’Ollioules, où avait été transportée la statue de Notre-Dame de Bonheur, œuvre magnifique de Puget au Corpus Domini, c'est à dire au tabernacle de la cathédrale.

Elle s’arrêta devant cette statue, qui n’est pas seulement une œuvre d’art, mais un cantique de foi, et là, elle demanda :

- Comment s’appelle-t-elle ?

- Mais la Vierge Marie !

- N’a-t-elle pas un nom particulier ?

- Pas que je sache.

- Voulez-vous, M. le Curé, que nous l’appelions Notre-Dame de Bonheur ?

- Madame, si c’est pour la gloire de Marie, ce sera aussi mon plus grand bonheur.

 Le Chanoine Rauzy, qui rapporte lui-même la conversation, lors de l’intronisation de Notre-Dame de Bonheur, le 23 Avril 1938, conclut ainsi : 

"Un joyeux merci s’envola au ciel. Notre-Dame de Bonheur se trouva personnifiée dans cette splendide statue de Marie. Sans aucun préavis, Notre- Dame de Bonheur, s’est intronisée elle-même dans notre Église…

Si d’habitude, c’est par Marie que l’on va à Jésus, cette fois, c’est par Jésus que nous avons eu Marie : c’est du Corpus Domini, le tabernacle de la cathédrale que nous est venue Notre-Dame de Bonheur".

Le lien diocésain se trouve d’une étonnante visibilité : la cathédrale est le lieu où les fidèles sont rassemblés auprès de leur évêque avec tout son presbytérium. Notre-Dame de Bonheur éclaire, comme une étoile, notre diocèse[2]

Source :

Homélie en la fête de N.D. de Bonheur, à Ollioules, le 22 Août 1990.

 


[1] Cf « Semaine Religieuse » n° 15 – 1938 pages 217 – 272 – 758.

[2] Il existe des reproductions de cette statue de Puget qui donnent lieu à un culte à « Notre-Dame de Bonheur »: ainsi, à Draguignan (Var), dans la chapelle du Monastère de la Consolation, on trouve la première reproduction de la statue d’Ollioules. En outre, à Paris 14è, dans l’église Saint Dominique (au 20, rue de la Tombe-Issoire), une chapelle est dédiée à Notre-Dame de Bonheur.

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Pour en savoir plus

-sur Marie et les Béatitudes, dans l’Encyclopédie mariale

-sur les sanctuaires marials du Diocèse de Fréjus-Toulon, dans l’Encyclopédie mariale

L’équipe de MDN.