Structure du Rosaire et du chapelet: les différents mystères


La structure actuelle du Rosaire a évolué au fil des siècles: elle comprend actuellement 20 mystères,  depuis l'ajout, par le pape Jean-Paul II en 2002, des mystères dits lumineux.

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Le Rosaire comprenait autrefois trois chapelets, correspondant à trois séries de « mystères » liés aux cycles de la vie du Christ et de la Vierge Marie : mystères joyeux de l’enfance du Christ (Annonciation de la naissance de Jésus à Marie, Visitation de Marie à Élisabeth, Nativité, Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem, Recouvrement de Jésus lors d'un pèlerinage des parents de Jésus à Jérusalem) mystères douloureux de la Passion du Christ (Agonie de Jésus, Flagellation, Couronnement d'épines, Portement de la Croix, Crucifiement) , et mystères glorieux (Résurrection, Ascension, Pentecôte, Assomption, Couronnement de Marie).

L’ajout des mystères lumineux

Le pape Jean-Paul II[1], reprenant une tradition médiévale, ajouta à ces trois séries de mystères un quatrième cycle: celui des mystères lumineux, correspondant à la vie publique du Christ, entre le baptême et la Passion (Baptême du Christ ; Noces de Cana ; Avènement du Royaume de Dieu ; Transfiguration ; Eucharistie),

« Afin de donner une consistance nettement plus christologique au Rosaire »[2].

Il faut donc actuellement quatre chapelets pour dire un Rosaire entier, c’est-à-dire pour prier l’ensemble des 20 mystères. Le chapelet est donc la forme concise du Rosaire, qui consiste à prier un seul cycle de 5 mystères, et ceux qui prient le chapelet quotidiennement récitent le lundi et le samedi, les mystères joyeux ; le mardi et le vendredi, les mystères douloureux, et le mercredi et le dimanche, les mystères glorieux, le jeudi étant désormais consacré aux mystères lumineux.

Chaque mystère est prié avec un Notre Père et dix Je vous salue Marie, suivis de la doxologie[3] et de la prière que la Vierge Marie a livrée aux pastoureaux de Fatima[4] le 13 juillet 1917. C’est donc une prière qui permet de prier sur la vie du Christ avec la Vierge Marie.

Avant de commencer la méditation des mystères, on commence par dire le Credo, qui permet de réaffirmer sa foi ; puis viennent 3 Ave (Je vous salue Marie), en l’honneur du Père, du Fils et du Saint Esprit ; ensuite commence le cycle des mystères, précédé d’un Pater (Notre Père). Le pape Jean-Paul II nous enseigne que c'est par la référence à ce Père qui est « nôtre » que la récitation, même privée, du Rosaire prend toujours une dimension ecclésiale[5].

Les fruits du Rosaire et du chapelet

À chaque mystère correspond un fruit spirituel, que le pape Jean-Paul II nomme « fruit de sainteté ».

Fruits des mystères joyeux

Le fruit du 1er mystère joyeux (l’Annonciation à Marie par l’ange Gabriel et l’Incarnation du Christ (Lc 1.26-38 ; Mt 1.18-25) est l’humilité ; les fruits se succèdent avec le 2e Mystère : La Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth (Lc 1.39-55) : la charité fraternelle ; 3e Mystère : La Nativité de Jésus à Bethléem (Mt 2.1-12 ; Lc 2.1-20) : l’esprit de pauvreté ; 4e Mystère : La Présentation de Jésus nouveau-né au Temple (Lc 2.22-38) : la pureté et l’obéissance ; 5e Mystère : Le Recouvrement de l’enfant Jésus au Temple (Lc 2.40-51) : le zèle dans la réponse à l’appel de Dieu.

Fruits des mystères lumineux

1er Mystère : Le Baptême de Jésus au Jourdain (Mt 3.13-17) : l’état de grâce. 2e Mystère : Les noces de Cana (Jn 2.1-12) : la confiance en la volonté de Dieu et en Marie ; 3e Mystère : L’annonce du Royaume de Dieu avec l’invitation à la conversion (Mc 1.15) : la conversion intérieure, la sainteté ; 4e Mystère : La Transfiguration (Lc 9.28-36) : la contemplation ; 5e Mystère : L’institution de l’Eucharistie (Jn 13): la pratique des sacrements.

Fruits des mystères douloureux

1er Mystère : L’Agonie de Jésus au Jardin des Oliviers (Mt 26.36-50 ; Mc 14.32-46 ; Lc 22.39-48 ; Jn 18.1-8) : la contrition (le regret de nos péchés) ; 2e Mystère : La Flagellation de Jésus (Mt 27.26 ; Mc 15.15 ; Jn 19.1) : la mortification de nos sens et de notre corps ; 3e Mystère : Le Couronnement d’épines (Mt 27.27-301 ; Mc 15.16-20 ; Jn 18.37 ; Jn 19.2-15) : la mortification de nos pensées et de notre esprit ; 4e Mystère : Le Portement de Croix (Mt 27.31-33 ; Mc 15.20-22 ; Lc 23.26-32 ; Jn 19.16-17) : la patience dans les épreuves ; 5e Mystère : Le Crucifiement et la mort de Jésus sur la croix (Mt 27.34-61 ; Mc 15.23-47 ; Lc 23.33-56 ; Jn 19.18-42) : un amour plus grand pour Jésus, mort pour nous sauver.

Fruits des mystères glorieux

1er Mystère : La Résurrection de Jésus (Mt 28.1-15 ; Mc 16.1-18 ; Lc 24.1-12 ; Jn 20.1-28) : la foi ; 2e Mystère: L’Ascension de Jésus au ciel (Lc 24.39-53 ; Mc 16.19-20 ; Ac 1.6-9) : l’espérance et le désir du Ciel ; 3e Mystère : L’effusion du Saint Esprit au jour de la Pentecôte (Ac 1.14 – 2.47): la descente du Saint-Esprit dans nos âmes ; 4e Mystère : La Dormition et l’Assomption de Marie au ciel (2 R 2.11 ; Tradition ; LG 59) : la grâce d’une bonne mort ; 5e Mystère : le Couronnement de Marie dans le ciel (Ap 12.1 ; Tradition ; LG 59 et 68) :une plus grande dévotion envers la Vierge Marie.

La contemplation et la méditation des mystères de la vie du Christ, priés dans le cadre du Rosaire, sont donc un chemin de conversion de l’esprit et du cœur.


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Pour en savoir plus

-sur les mystères joyeux, dans l’Encyclopédie mariale

-sur les mystères lumineux, dans l’Encyclopédie mariale

-sur les mystères douloureux, dans l’Encyclopédie mariale

-sur les mystères glorieux, dans l’Encyclopédie mariale

-sur la lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae (2002), dans l’Encyclopédie mariale

-sur l’histoire du Rosaire et du chapelet, dans l’Encyclopédie mariale

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