Les clausules de Dominique de Prusse et le rosaire cartusien


Les clausules font partie de l’histoire du Rosaire. Créées par les Cisterciennes de la région de Trèves au XIVès, elles ont été reprises et adaptées par Dominique de Prusse un siècle plus tard. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort en recommande l’usage ainsi que le pape Jean-Paul II, dans sa lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae (2002).

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Le chartreux Dominique Hélion (†1460)

Le chartreux Dominique Hélion (†1460), dit Dominique de Prusse, entré à la chartreuse de Trèves comme jeune novice, sombra dans un état plus ou moins dépressif après son entrée au monastère (1409). Son prieur, Adolphe d'Essen, l'aida à en sortir en l'initiant à une forme contemplative de récitation du Rosaire : au-delà des mots de la salutation à la Vierge Marie, fixer son attention sur le Sauveur Jésus. Pour faciliter cette attention, Dominique eut l'idée de faire suivre le nom de Jésus, d'une série de 50 clausules différentes d'une ou deux lignes, reprenant l'ensemble de la vie du Christ[1].

Les clausules sont de petits ajouts à la prière du Je vous salue Marie, qui suivent le nom de Jésus et aident à la méditation du mystère en cours[2] . Les clausules, placées après le nom de Jésus, indiquent ce qu'il fit, dit, subit, etc. ("Jésus, qui fut adoré par les Mages, tenté par le démon, qui a lavé les pieds de ses disciples", etc.).

Il proposa aux fidèles une forme de psautier marial dans laquelle il n'y avait que 50 Je vous salue Marie, chacun suivi d'une « clausule »[3]. Le double principe du Rosaire unissant la Vierge Marie et le Christ fut ainsi encore approfondi grâce à cette invention.

La vision d’Adolphe d’Essen

Le chartreux Adolphe d'Essen (†1439), maître de Dominique de Prusse, fut gratifié vers 1429 d’une vision qui confirmait l’agrément de la méthode inventée par son disciple Dominique de Prusse : la Vierge se tenait entourée de toute la cour céleste. Celle-ci lui chantait le Rosaire, avec les clausules. Au nom de Marie, tous inclinaient la tête ; à celui de Jésus, ils ployaient le genou ; enfin, ils terminaient le chant des clausules par un Alleluia. Tous rendaient à Dieu de grandes actions de grâce pour tous les fruits spirituels produits par cette récitation, et demandaient à Dieu d'accorder à ceux qui réciteraient ainsi le Rosaire la grâce d'un grand profit pour leur avancement intérieur.

Saint-Louis-Marie Grignion de Montfort

le Père de Montfort, dans son opuscule intitulé Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire pour se convertir et se sauver, préconise d’insérer les clausules créées par le chartreux Dominique de Prusse au XVès, qui permettent d’enraciner les Ave dans le mystère contemplé.

La lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae (2002) et les clausules

Dans sa lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, 2002, Le saint pape Jean-Paul II encourage également, à la suite de saint Paul VI, cet usage des clausules :

« Dans l’exhortation apostolique Marialis cultus, Paul VI rappelait déjà l’usage pratiqué dans certaines régions de donner du relief au nom du Christ, en ajoutant une clausule évocatrice du mystère que l’on est en train de méditer. C’est une pratique louable, spécialement dans la récitation publique. Elle exprime avec force la foi christologique appliquée à divers moments de la vie du Rédempteur. Il s’agit d’une profession de foi et, en même temps, d’une aide pour demeurer vigilant dans la méditation, qui permet de vivre la fonction d’assimilation, inhérente à la répétition de l’Ave Maria, en regard du mystère du Christ. »

Le pape Jean-Paul II a lui-même écrit des clausules pour le Rosaire.


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Pour en savoir plus

-Sur le Rosaire cartusien et les clausules de Dominique de Prusse, en ligne 

-sur les clausules de Jean-Paul II, dans l’Encyclopédie mariale

-sur l’histoire du Rosaire, dans l’Encyclopédie mariale

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